Prospecter des artisans, commerces et professions locales

Restaurants, chauffagistes, ostéopathes, commerces de rue : ces professionnels sont peu présents sur LinkedIn, et quand ils y sont, ils ne l'ouvrent guère. Pour eux, la bonne donnée est ailleurs : dans les registres légaux et sur Google Maps.

Pourquoi LinkedIn est le mauvais point de départ

Un boulanger, un plombier ou un kinésithérapeute n'a aucune raison professionnelle d'entretenir un profil LinkedIn. Beaucoup n'en ont pas ; ceux qui en ont un l'ont souvent créé une fois et ne s'y connectent plus. Une extraction LinkedIn ramène donc une poignée de profils, et une campagne LinkedIn sur cette cible attend des acceptations qui ne viennent pas.

Si vous tenez quand même à passer par Sales Navigator, pour un métier un peu plus connecté, deux réglages font toute la différence. Filtrez sur l'effectif de l'entreprise (indépendant et 1 à 10 salariés) plutôt que sur la séniorité : un artisan écrit « Menuisier » sur son profil, pas « CEO », et le filtre de séniorité peut diviser le volume réel par vingt-cinq. Et filtrez sur l'intitulé de poste actuel, entre guillemets, plutôt que sur les mots-clés.

En France : partir des registres et de Google Maps avec Basile

Pour une cible française, Basile est le point de départ naturel. Chaque entreprise y est déjà rapprochée de sa fiche Google Maps (adresse, horaires, téléphone, note et avis), de ses données légales (activité déclarée, dirigeant, date de création) et, quand ils existent, de son site web et de son profil LinkedIn.

Pour une cible locale, cherchez des entreprises plutôt que des personnes, et combinez trois familles de filtres :

  • Le métier : par activité, ou par code NAF (appelé aussi code APE), le code d'activité attribué par l'INSEE à chaque entreprise. Le filtre par activité de Basile rapproche le code NAF, la catégorie Google Maps et le secteur LinkedIn, ce qui rattrape une partie des entreprises mal codées.
  • La zone : département, code postal ou ville. Pour une tournée commerciale ou une zone d'intervention, c'est le filtre qui compte le plus.
  • La taille et l'état : effectif, forme juridique, et seulement les entreprises en activité. Pour les commerces, la note et le nombre d'avis Google aident à repérer les établissements les plus actifs.
Un établissement local, tel que Basile le présenteActivitéBoulangerie et boulangerie-pâtisserie (NAF 10.71C)RegistreDirigeantnom du gérant, date de créationRegistreAdresse, horairesadresse de la boutique, heures d'ouvertureGoogle MapsTéléphonele plus souvent un fixe, parfois le portable du gérantGoogle MapsNote Google★ 4,6 (128 avis)Google MapsE-mailcontact@… : adresse générique publiéeSite webProfil LinkedInabsent, le plus souvent
Ce qu'on trouve typiquement pour un établissement local : beaucoup de Google Maps et de registre, rarement LinkedIn.
✦ Comptez avant d'exporter

La recherche affiche le nombre de résultats avant tout export, et seul l'export entame votre quota. Vérifiez que le volume tient la route, ni 40 ni 400 000, avant de sortir le fichier.

Quelques codes NAF courants

MétierCode NAF
Boulangerie, boulangerie-pâtisserie10.71C
Plomberie (installation d'eau et de gaz)43.22A
Chauffage, climatisation43.22B
Électricité43.21A
Restauration traditionnelle56.10A
Garage (entretien de véhicules légers)45.20A
Coiffure96.02A
Cabinet dentaire86.23Z

Le code NAF reflète l'activité principale déclarée, pas toujours l'activité réelle : un artisan qui fait plomberie et chauffage peut être codé sur l'une ou l'autre. Prenez les codes voisins, puis faites le tri dans le fichier exporté.

Pourquoi vous trouverez surtout des adresses génériques

Chez un artisan ou un commerçant, l'adresse e-mail qui existe, c'est celle du site : contact@, info@, ou le nom de l'entreprise. Souvent même une adresse Gmail ou Orange, créée par le gérant lui-même. Les adresses nominatives de la forme prénom.nom@entreprise.fr supposent une messagerie d'entreprise avec une boîte par personne, ce qu'une structure de deux ou trois personnes n'a presque jamais.

C'est pour ça que la recherche d'e-mails nominatifs donne très peu de résultats sur ces cibles, quel que soit l'outil : l'adresse n'existe tout simplement pas. Les particuliers, les médecins, les notaires et les indépendants d'un même réseau sont dans le même cas. Empiler les enrichisseurs n'y changera rien, sinon pour ajouter des adresses fausses.

Basile fournit sans surcoût les adresses génériques publiées par les entreprises. Pour ces cibles, ce sont elles, votre fichier.

✕ Ne fabriquez pas les adresses

Coller contact@ devant chaque nom de domaine, sans savoir si la boîte existe, est le plus court chemin vers un taux de bounce à deux chiffres. N'utilisez que des adresses réellement publiées, et vérifiez celles d'un fichier ancien avant de les envoyer.

Une adresse générique change votre façon d'écrire

Dans une petite structure, l'adresse générique, c'est presque toujours le patron qui la lit, entre deux chantiers ou deux services. Parfois un associé ou une secrétaire. Écrivez donc à l'entreprise, sans faire semblant de connaître la personne, et une seule fois par établissement : vous n'avez de toute façon qu'une adresse.

Ce qu'on recommande
  • Un « Bonjour » sans prénom, quand vous n'avez pas le nom du gérant
  • Une personnalisation par le métier, la ville, la note ou les avis Google
  • Un message court, lisible sur un téléphone
  • Une proposition concrète, liée au quotidien du métier
Ce qu'on déconseille
  • Une variable de prénom vide ou un prénom deviné
  • Le vocabulaire des grands comptes (« synergies », « décideurs »)
  • Des relances rapprochées sur une adresse partagée
  • Une séquence qui commence par une étape LinkedIn

Gmail, Orange, Wanadoo : des destinataires plus filtrés

Une bonne part des petits professionnels utilisent une messagerie grand public. Ces adresses filtrent davantage la prospection : attendez-vous à plus de messages en spam, et sachez qu'Orange (orange.fr, wanadoo.fr) bloque particulièrement le cold email, quel que soit l'hébergeur d'envoi.

Elles ne se vérifient pas non plus : le vérificateur d'e-mails d'Emelia classe toujours les adresses Gmail, Hotmail et Yahoo en « invalid », parce que ces messageries refusent de répondre aux vérifications. Ce n'est pas le signe qu'elles sont fausses.

ℹ︎ Le bon réflexe

Séparez dans votre fichier les adresses à domaine d'entreprise et les adresses grand public. Vous pourrez vérifier les premières avant l'envoi, et suivre les résultats des secondes à part, sur un volume plus modéré.

Le téléphone, souvent votre meilleur canal

Les fiches Google Maps et les sites affichent presque toujours un numéro, que Basile fournit sans surcoût. C'est en général un fixe ; chez les petits artisans, c'est assez souvent un portable, celui du gérant.

La recherche de numéros de portable, elle, s'appuie sur le profil LinkedIn de la personne. Sur une cible sans LinkedIn, elle a peu de prise : le numéro publié reste votre meilleur atout. Beaucoup combinent un e-mail court et un appel quelques jours plus tard.

Sans LinkedIn, construisez une séquence e-mail

Sans profil LinkedIn, les étapes LinkedIn d'une campagne multicanale n'ont rien à faire. Pour ces cibles, partez d'une campagne e-mail seule, par exemple le modèle Pure Cold Email proposé à la création d'une campagne, et gardez des relances espacées.

Hors de France : la Suisse, la Belgique et les autres pays

Basile ne couvre que la France. Pour la Suisse, la Belgique ou tout autre pays, il faut assembler la liste autrement :

  • LinkedIn, pour les métiers qui y sont un peu présents (dentistes, architectes, agences, indépendants) : Sales Navigator avec un filtre de zone, de langue du profil et d'effectif de 1 à 10, puis la recherche d'e-mails. Sur ces cibles, une bonne partie des adresses seront génériques ou en Gmail.
  • Les fiches Google Maps, via un outil d'extraction dédié : nom, adresse, téléphone, site web, parfois une adresse e-mail, dans n'importe quel pays.
  • Les registres publics du pays (en Suisse, l'index central des raisons de commerce Zefix ; en Belgique, la Banque-Carrefour des Entreprises) et les annuaires professionnels, pour vérifier une activité ou trouver le nom d'un dirigeant.

Une fois la liste assemblée, importez-la en CSV dans Emelia : c'est le même chemin que pour n'importe quel fichier.

Questions fréquentes

Les questions qu'on nous pose sur ce sujet, et les réponses courtes.

Pourquoi la recherche d'e-mails ne trouve-t-elle presque rien sur mes artisans ?

Parce que l'adresse nominative n'existe pas : un artisan a une adresse générique, souvent une adresse Gmail ou Orange, pas une boîte prénom.nom sur un domaine d'entreprise. La recherche d'e-mails ne cherche que des adresses nominatives professionnelles. Utilisez les adresses génériques publiées, que Basile fournit sans surcoût.

Peut-on envoyer une campagne à des adresses contact@ ?

Oui, quand elles sont publiées par l'entreprise : sur une petite structure, c'est le bon canal, et souvent le seul. Ce qu'il faut éviter, ce sont les adresses génériques devinées, fabriquées en ajoutant contact@ devant un domaine sans savoir si la boîte existe.

Comment trouver le numéro de portable d'un artisan ?

Regardez d'abord le numéro publié sur sa fiche Google Maps ou sur son site : chez les petits artisans, c'est souvent un portable. La recherche de numéros d'Emelia part du profil LinkedIn ; sans profil, elle n'a rien sur quoi s'appuyer.

Basile couvre-t-il la Suisse ou la Belgique ?

Non, seulement la France. Pour ces pays, combinez LinkedIn pour les métiers qui y sont présents, une extraction de fiches Google Maps, et les registres publics du pays, puis importez le tout en CSV.

Faut-il éviter les adresses Gmail ou Orange ?

Pas forcément : chez un artisan, c'est souvent la seule adresse. Mais elles filtrent davantage la prospection, Orange en particulier, et elles ne se vérifient pas. Envoyez-leur un volume modéré et surveillez les résultats à part.