Les 10 plus grosses erreurs à ne pas faire en cold email
Celles qui font échouer une campagne par ailleurs bien ciblée et bien écrite, et que le support voit passer chaque semaine. Rangées de la plus destructrice à la plus courante.
Avant tout : ne pas avoir déroulé la checklist
L'erreur qui contient toutes les autres. Cliquer sur lancer sans avoir vérifié ses boîtes, son authentification, sa liste et ses quotas, c'est découvrir les problèmes une fois que les emails sont partis. Et un email parti ne se rattrape pas.
1. Cibler plusieurs personnes de la même société
C'est de très loin la plus coûteuse, et celle qu'on voit le plus souvent chez les gens qui ont un beau fichier. Viser trois cents personnes sur le même nom de domaine, c'est viser un seul serveur de messagerie. Et un domaine qui héberge trois cents boîtes, c'est une grande entreprise, donc une entreprise qui a des sécurités actives par défaut.
Le résultat est presque toujours le même : la sécurité repère la rafale, surtout si les messages se ressemblent, et vos emails sont arrêtés avant d'atteindre les destinataires. Le plus vicieux, c'est qu'ils ne rebondissent même pas. Vous ne recevez aucun bounce, aucune alerte, rien qui vous prévienne. Vous constatez simplement un taux d'ouverture à zéro et vous cherchez la cause ailleurs.
Deux ou trois contacts par entreprise au maximum, et vous cherchez les bonnes personnes plutôt que toutes les personnes. Si vous devez vraiment toucher beaucoup de monde dans une même société, le seul chemin praticable est LinkedIn : il n'y a pas de serveur de messagerie d'entreprise entre vous et le destinataire.
2. Lancer sur des boîtes et des domaines tout neufs
Un domaine acheté la veille et des boîtes créées le jour même n'ont aucune réputation. Leur faire envoyer des centaines d'emails dès le lendemain, c'est se présenter aux messageries avec tous les signes d'un expéditeur jetable.
Le piège, c'est que le score de chauffe peut grimper vite et rassurer à tort. Nous avons vu un compte dont les boîtes, créées une semaine plus tôt sur des domaines du même âge, affichaient un score de chauffe correct et un test de placement catastrophique, après des campagnes lancées dès le lendemain de leur création. L'ancienneté ne s'achète pas.
Comptez deux à trois semaines de chauffe pour une boîte neuve, puis démarrez la campagne bas et montez par paliers.
3. Forcer les volumes
35 nouveaux contacts et 100 emails par jour et par boîte, 25 et 75 si la chauffe continue de tourner : au-delà, vous ne gagnez pas en résultats, vous perdez en délivrabilité. Pour envoyer plus, on ajoute des boîtes, on ne pousse pas une seule boîte plus fort.
Deux variantes du même excès reviennent souvent au support. La même boîte branchée sur deux campagnes réglées à 100 : les limites se règlent par campagne, sans plafond commun, donc cette boîte envoie 200 emails par jour. Et une plage horaire de deux heures : Emelia étale les envois sur la plage choisie, donc une plage courte concentre tout le volume en rafale.
4. Poser une question à laquelle il est trop compliqué de répondre
Votre question est votre appel à l'action, puisque tout l'objectif du message est d'obtenir une réponse. Si elle demande de réfléchir, d'aller vérifier un chiffre ou de ressortir un dossier, la personne remet à plus tard et ne revient jamais.
On voit passer beaucoup de messages où répondre représente un vrai travail. Une question à laquelle on peut répondre en une ligne, depuis son téléphone, entre deux réunions, obtient bien plus de retours qu'une question intelligente mais coûteuse.
5. Ne pas assez espacer ses relances
Le bon rythme dépend de votre pays et de ce que vous vendez, mais relancer tous les jours ou tous les deux jours reste du forcing dans à peu près tous les cas.
Le risque n'est pas seulement d'agacer. Quelqu'un qui reçoit trois messages en une semaine de la part d'un inconnu ne se désabonne pas, il signale. Et un signalement pèse infiniment plus lourd sur la réputation de votre domaine qu'une désinscription, qui elle ne coûte rien. Gardez un lien de désinscription visible : c'est la sortie que vous voulez qu'il prenne.
6. Alourdir son email
Un email qui arrive en boîte de réception est un email léger. Léger veut dire court, sans pièce jointe, et si possible sans image.
Sur les images, un mot de nuance : une image légère dans une signature ne condamne personne, et beaucoup y tiennent. Ce qui est une vraie faute, en revanche, c'est de mettre toute sa signature sous forme d'image. Trois conséquences, toutes mauvaises. Le poids explose. Plus rien n'est cliquable, ni le téléphone, ni l'adresse, ni le site. Et comme de nombreuses messageries bloquent l'affichage des images tant que le destinataire n'a pas accepté, votre signature reste invisible au moment précis où elle devait inspirer confiance.
Quant aux pièces jointes, remplacez-les par un lien. Un lien de partage classique fait l'affaire. Et si votre but est de faire lire un document, des outils comme Papermark vous montrent en plus où le lecteur s'est arrêté, ce qu'aucun fichier joint ne vous dira jamais.
7. Écrire par métaphores
En prospection à froid, la clarté bat l'élégance à chaque fois. Les images, les analogies et les formules qui tournent autour du sujet obligent le lecteur à un effort d'interprétation qu'il ne fera pas pour un inconnu.
Le test est simple : relisez votre message et demandez-vous si ce que vous venez d'écrire est clair. Pas beau, pas original. Clair.
La nuance existe : sur un message vraiment personnalisé, où une image fait sens par rapport au prospect précis que vous visez, pourquoi pas. Mais c'est l'exception, pas la méthode.
8. Demander à ChatGPT d'écrire votre cold email
C'est la cause la plus fréquente de l'erreur précédente. Un modèle généraliste à qui on demande un email de prospection produit des métaphores, des tournures marketing et une longueur qui condamne le message. Il n'a pas les règles du cold email, il a celles de l'emailing de masse. Certains modèles s'en sortent mieux que d'autres, mais aucun ne les a nativement.
Ce qui ne veut pas dire de s'en priver. Ça veut dire de lui donner les règles d'abord. Ouvrez la page qui explique comment écrire un cold email, utilisez le bouton Éduquer mon IA en haut de cette page, et collez le résultat dans votre conversation avant de demander quoi que ce soit.
9. Ne pas tester ses variables et son spintax
« Bonjour , » : c'est ce que reçoivent les contacts dont le prénom manque, sans erreur ni avertissement. Ajoutez une variable mal orthographiée, un spintax cassé ou un lien de désinscription inactif, et c'est toute une liste qui reçoit un email visiblement automatique.
La parade prend cinq minutes : l'Aperçu pour passer vos contacts en revue, puis deux ou trois emails de test envoyés depuis la dernière étape de la séquence. L'aperçu seul ne suffit pas : certains cas qu'il affiche correctement sont cassés à l'envoi.
10. Recontacter les mêmes personnes sans le vouloir
Emelia supprime les doublons à l'intérieur d'une campagne, jamais entre deux campagnes, et c'est voulu : vous pouvez avoir envie de recontacter quelqu'un. Mais si vous lancez une nouvelle campagne sur un fichier qui recoupe le précédent, les mêmes personnes reçoivent le même premier email. Écartez les listes déjà travaillées avec l'Exclusion de leads de la campagne. Bonne nouvelle au passage : en réutilisant la même liste, les bounces et les désinscrits sont écartés d'office.
Le cas le plus coûteux que nous ayons vu : une liste exportée en cours de campagne, retravaillée dans un tableur, puis réimportée. Les contacts réimportés sont de nouvelles fiches, même s'ils gardent leur ancien statut, et la campagne leur a renvoyé le premier email : plus de deux cents personnes l'ont reçu deux fois. Ne supprimez jamais, pour les réimporter ensuite, des contacts déjà contactés.
Questions fréquentes
Les questions qu'on nous pose sur ce sujet, et les réponses courtes.
Combien de contacts par entreprise au maximum ?
Deux ou trois. Au-delà, vous écrivez en rafale au même serveur de messagerie, et les grandes entreprises filtrent ce genre de vague sans renvoyer de bounce. Pour toucher beaucoup de monde dans une même société, passez par LinkedIn.
Mes emails n'arrivent pas, mais je n'ai aucun bounce. Comment est-ce possible ?
Un filtre d'entreprise peut arrêter un email sans le refuser : il ne rebondit pas, il disparaît. C'est typique d'une campagne qui vise beaucoup de personnes sur le même domaine. Commencez par vérifier ce point, puis la configuration de la campagne et la délivrabilité : voir Ma campagne n'envoie rien, ou 0 % d'ouverture.
Peut-on envoyer plus de 100 emails par jour avec une seule boîte ?
Ce n'est pas conseillé. Les volumes se règlent par boîte : pour envoyer plus, ajoutez des boîtes plutôt que de pousser une seule boîte plus fort. Attention aussi aux boîtes utilisées dans plusieurs campagnes, dont les limites s'additionnent.
Un contact a reçu deux fois le premier email. Pourquoi ?
Presque toujours parce qu'il figure dans deux campagnes, ou parce que des contacts déjà contactés ont été supprimés puis réimportés : ce sont alors de nouvelles fiches, et la campagne les reprend au début. Utilisez l'Exclusion de leads, et ne réimportez jamais une liste déjà travaillée dans la même campagne.