Pourquoi mes emails arrivent en spam (et comment en sortir)
Le contenu est rarement la première cause. Dans l'ordre d'impact : l'hébergeur de vos boîtes, l'authentification, la réputation du domaine et de l'IP, le volume, la chauffe, puis seulement le contenu et la cible.
Êtes-vous vraiment en spam ?
Personne ne peut vous dire, destinataire par destinataire, si un e-mail est arrivé en spam. On le lit dans les tendances : un taux d'ouverture sous 30 % sur une cible variée, un score de warm-up qui baisse, des réponses qui se raréfient.
Deux vérifications d'abord : le suivi des ouvertures doit être activé et votre domaine de suivi doit répondre, sinon un 0 % ne mesure rien (voir ici). Et un e-mail de test envoyé à vous-même ne compte pas (voir pourquoi).
1. L'hébergeur de vos boîtes
Emelia se connecte à votre boîte et vos e-mails partent par les serveurs de votre hébergeur. Sa réputation devient la vôtre. C'est le premier facteur, loin devant le contenu.
| Hébergeur | Ce qu'on constate au support | Notre avis |
|---|---|---|
| Google Workspace | Le plus fiable pour la prospection. | Recommandé |
| Microsoft 365 | Très bien aussi. Un espace Microsoft 365 tout neuf peut être freiné au début (erreur 550 5.7.708, voir plus bas). | Recommandé |
| OVH | Correct et économique. Plafond de 200 messages par heure pour tout le compte OVH, tous domaines confondus. | Correct pour démarrer |
| Hébergeurs mutualisés : o2switch, Infomaniak, Hostinger, Gandi, IONOS, LWS… | Quotas horaires stricts, filtres sortants, IP partagées qui se dégradent, chauffe qui finit par se couper. | À éviter pour l'envoi |
| Gmail classique, adresses de fournisseurs d'accès (SFR, Orange, Free…) | Pas de domaine à vous, filtres anti-spam sortants très stricts. | Déconseillé pour prospecter |
Envoyer depuis Google vers des destinataires Outlook, ou l'inverse, ne change presque rien : inutile d'essayer d'apparier les fournisseurs.
Si vous utilisez déjà Google Workspace ou Microsoft 365 pour l'entreprise, prenez de préférence un espace séparé pour la prospection.
Déplacer vos boîtes d'envoi chez Google ou Microsoft ne touche pas à l'hébergement de votre site. Voir Acheter vos domaines et vos boîtes d'envoi.
2. L'authentification : SPF, DKIM, DMARC
Ces trois enregistrements prouvent aux serveurs de vos destinataires que vous êtes bien l'expéditeur. Ils se règlent dans la zone DNS de votre domaine, selon la documentation de votre hébergeur.
Pour voir leur état dans Emelia : page Comptes, survolez le score de warm-up de la boîte, cliquez sur Voir le détail, puis descendez jusqu'à Authentification du domaine (Domain authentication).
12- 1État de MX, SPF, DKIM et DMARC : Configuré (Configured), Manquant ou À vérifier. L'icône (i) explique chaque ligne.
- 2Revérifier les réglages (Re-check settings) après chaque correction dans vos DNS.
Une modification DNS met souvent 10 à 20 minutes à se propager, parfois jusqu'à 24 heures. Cliquez ensuite sur Revérifier les réglages : sinon Emelia affiche toujours l'ancien état.
SPF et DKIM
- SPF : un seul enregistrement TXT par domaine, qui regroupe tous vos services. L'erreur la plus fréquente est un SPF resté sur l'ancien hébergeur. Emelia ne contrôle que sa présence : un SPF périmé s'affiche quand même « Configuré ».
- DKIM : fourni par votre hébergeur, à activer chez lui. « Manquant » est un vrai signal : l'e-mail de test est arrivé sans signature. Chez OVH, comptez jusqu'à 24 heures sur une boîte neuve avant qu'il apparaisse.
DMARC : restez en p=none
Le DMARC est un enregistrement TXT nommé _dmarc, un seul par domaine. Pour la prospection, restez en p=none : une politique stricte (p=quarantine, p=reject) peut faire rejeter vos e-mails et couper la chauffe. Un DMARC absent n'est pas bloquant, mais il est recommandé.
DMARC recommandé : Enregistrement TXT nommé _dmarc, remplacez l'adresse par une adresse de votre domaine.
v=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@votre-domaine.fr3. La réputation du domaine
- Votre domaine principal : ne prospectez jamais depuis lui. En cas de problème, ce sont vos devis, vos factures et vos échanges clients qui partent en spam. Voir Prospecter depuis votre domaine principal.
- Trop de boîtes sur un même domaine : les signalements s'additionnent sur le domaine, pas sur la boîte. Restez à 3 boîtes par domaine (5 au maximum).
- Un domaine trop jeune : sans historique, il part avec un handicap. C'est le rôle des 2 à 3 semaines de chauffe.
- Un domaine racheté avec un passé : un domaine « neuf » peut avoir servi avant vous. Vérifiez-le sur les listes noires (plus bas).
- Un sous-domaine : il ne protège pas votre domaine principal et pose des problèmes de MX. Achetez de vrais domaines, proches du vôtre, et redirigez-les vers votre site.
4. La réputation de l'IP d'envoi
Chez un hébergeur mutualisé, les adresses IP d'envoi sont partagées entre ses clients. Dès qu'il détecte une activité de campagne, il bascule automatiquement le compte sur un groupe d'IP moins bien notées. Il ne bloque pas votre boîte : il lui donne une mauvaise IP, et votre score de warm-up chute (par exemple de 100 à 70 en une dizaine de jours).
Nuance honnête : une chute juste après le lancement d'une campagne peut aussi venir du ciblage ou du contenu. Et un score à 70 reste envoyable. En attendant de changer d'hébergeur, limitez-vous à 25 nouveaux contacts et 75 e-mails par jour et par boîte, chauffe comprise.
Microsoft 365 et l'erreur 550 5.7.708 (« traffic not accepted from this IP ») : l'IP en cause est celle de Microsoft, jamais celle d'Emelia, car une boîte connectée par la connexion Microsoft envoie par l'API de Microsoft. Microsoft refuse les envois d'IP qu'il juge peu fiables, surtout sur un espace récent ou en essai. Passez en licence payante attribuée à chaque boîte, attendez environ une journée, puis, si l'erreur persiste, demandez une exception au support Microsoft depuis le centre d'administration. Coupez la chauffe en attendant : chaque refus aggrave la réputation. Voir Connecter Microsoft 365.
L'hébergeur ne remettra pas un expéditeur de prospection sur ses IP propres. La solution durable, c'est de prendre vos boîtes d'envoi chez Google Workspace ou Microsoft 365.
5. Le volume et le rythme
Emelia n'impose aucun plafond technique : c'est votre hébergeur, puis les serveurs de vos destinataires, qui sanctionnent un volume trop élevé.
- 35 nouveaux contacts et 100 e-mails par jour et par boîte au maximum, relances comprises. 25 et 75 si la chauffe reste active.
- Environ 20 e-mails par heure et par boîte : prenez une plage large (8 h 30 à 17 h 30 par exemple), Emelia répartit les envois dessus. Une plage courte concentre les envois en rafale.
- Une boîte, une campagne (deux au maximum, à des horaires différents). Les limites de chaque campagne s'additionnent sur la boîte.
- Pour envoyer plus : plus de domaines et plus de boîtes, jamais plus d'e-mails par boîte. Comptez 5 à 10 boîtes pour environ 5 000 envois par mois.
- Blocages à répétition de votre hébergeur : pause de 24 heures, puis divisez tous vos quotas par deux.
6. La chauffe
Une boîte neuve a besoin de 2 à 3 semaines de warm-up avant de prospecter (10 à 15 jours au strict minimum), même si son score affiche déjà 100 %. Laissez ensuite la chauffe tourner pendant vos campagnes : elle entretient un flux d'e-mails entrants et sortants équilibré.
- Score au-dessus de 90 : tout va bien. On peut envoyer à partir de 80.
- Entre 60 et 80 : baissez la cadence des campagnes sur cette boîte.
- Sous 60 : il y a un souci (hébergeur, DNS, réputation du domaine) à régler avant d'envoyer.
- La chauffe s'est coupée : cherchez la cause avant de la relancer, sinon elle ressautera. Voir Le warm-up se désactive tout seul.
7. Le contenu et les liens
- Un texte court et simple, dans la langue du destinataire
- Un lien vers un document en ligne plutôt qu'une pièce jointe
- Zéro ou une image, peu de liens, en https
- Une signature en texte simple (un lien LinkedIn passe)
- Du spintext dès que vous envoyez beaucoup d'e-mails identiques
- Un vrai prénom et un vrai nom comme expéditeur
- Un domaine de suivi personnalisé
- Les pièces jointes : le pire pour la délivrabilité
- Les raccourcisseurs d'URL (bit.ly…) et les liens cassés
- Le HTML riche, les signatures chargées, le texte tout en gras
- Les mots qui sentent la promotion : gratuit, réduction, remise
- Un texte écrit en blanc (rédigé en mode sombre) : l'e-mail paraît vide
- Un nom d'expéditeur du type « prospection 2 »
- Tous vos prospects en copie cachée
Pour vérifier vos variantes, envoyez-vous un vrai test. Le spintext n'est pas un test A/B : il fait varier le texte pour éviter que des centaines d'e-mails identiques partent de la même boîte. Voir Écrire sa séquence.
8. La cible
- Deux ou trois contacts par entreprise au maximum, et une liste mélangée. Écrire en masse à une même entreprise déclenche sa sécurité.
- Les adresses grand public (Gmail, Hotmail, Orange, Wanadoo…) filtrent davantage la prospection, et Orange la bloque quel que soit votre hébergeur. Il faut des adresses pro pour écrire à des adresses pro.
- Une liste ancienne ou achetée fait monter les bounces, et les bounces abîment la réputation du domaine. Voir J'ai trop de bounces.
9. Les listes noires
Les listes noires publiques (Spamhaus, UCEPROTECT, SURBL…) répertorient des IP et des domaines. Vérifiez votre domaine et l'IP de votre hébergeur sur MXToolbox.
- Votre domaine est listé : corrigez la cause, puis demandez le retrait à la liste concernée.
- L'IP de votre hébergeur est listée : c'est à lui d'agir. Si ça se répète, changez d'hébergeur. Chez UCEPROTECT, le niveau 2 est gênant, le niveau 3 (qui vise tout le réseau d'un hébergeur) l'est moins.
- La chauffe ne peut pas faire blacklister un domaine.
La liste noire d'Emelia n'a rien à voir : c'est la liste des adresses et des domaines que vous ne voulez plus jamais contacter.
Remettre une boîte ou un domaine en état
- 1. Coupez les campagnes sur la boîte pendant une à trois semaines, ou descendez à 5 nouveaux contacts par jour.
- 2. Laissez la chauffe tourner : le score remonte tout seul. La couper ne le fait pas remonter.
- 3. Corrigez ce qui cloche : DNS, contenu, domaine de suivi, volume par boîte, hébergeur.
- 4. Repartez à volume réduit et suivez le taux d'ouverture étape par étape.
Changer d'hébergeur ne remet pas tout à zéro : le domaine garde son ancienneté, et une courte chauffe de la nouvelle boîte suffit. Parfois, racheter un domaine et créer une boîte neuve va plus vite que de redresser l'ancien.
Questions fréquentes
Les questions qu'on nous pose sur ce sujet, et les réponses courtes.
Mon score de warm-up est à 100 %, pourquoi mes e-mails vont-ils en spam ?
Le score ne mesure que les e-mails de chauffe, courts et sans lien. Une vraie campagne, plus longue, avec des liens ou une pièce jointe, envoyée à une cible froide, peut finir en spam avec un score parfait. Lisez toujours le score et le taux d'ouverture réel ensemble.
Faut-il demander à mon hébergeur de changer mon IP ?
Non. Sur un hébergeur mutualisé, l'IP se dégrade parce que l'hébergeur bascule les comptes qui font de la prospection sur des IP moins bien notées, et il ne vous remettra pas sur les bonnes. La solution durable est de déplacer vos boîtes d'envoi chez Google Workspace ou Microsoft 365.
Combien de temps faut-il pour sortir du spam ?
Comptez une à trois semaines de repos de la boîte (ou 5 nouveaux contacts par jour), chauffe active, après avoir corrigé la cause. Si l'hébergeur est en cause, rien ne changera tant que vous ne l'aurez pas quitté.
Les e-mails de chauffe sont en anglais : est-ce un problème pour mes campagnes en français ?
Non. D'après nos tests, la langue des e-mails de chauffe n'a aucun effet sur la délivrabilité.
Le suivi des ouvertures nuit-il à la délivrabilité ?
Avec un domaine de suivi personnalisé, non : c'est même un plus, surtout vers Gmail et Outlook. Gardez le suivi des ouvertures au début pour mesurer. Le suivi des clics, lui, est peu fiable (les filtres de sécurité cliquent les liens) : laissez-le désactivé sauf besoin précis.
Dois-je ajouter un SPF ou une IP d'Emelia ?
Non. Emelia n'a pas de serveur d'envoi : il n'y a rien d'Emelia à autoriser dans votre SPF. Le seul enregistrement propre à Emelia est le CNAME du domaine de suivi.